Juan Laurent, Reja de la casa de las Conchas, Salamanca, 1864
(source : RMN)
Anna Bogush, Old entrance hall in Tbilisi city centre, 2012
(source : 500px.com)
via: mishproductions : misconceivedd
Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
À la douleur que j’ai, que j’ai.
Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire! Où-vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D’où les blonds ciels s’en sont allés.
Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.
Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu’est-ce que le spasme de vivre
À tout l’ennui que j’ai, que j’ai…
— Émile Nelligan (1879-1941), in Oeuvres complètes (Fides, 1991)
Rodney Smith, Dan Holding Hand Mirror in Fog, No. 1, 2000/2005
Rodney Smith
Dan Holding Hand Mirror in Fog, No. 1, 2000/2005From The Unseen Eye: Photographs from the Unconscious
Thanks to liquidnight
Joseph-Desire Court, Rigolette cherchant à se distraire pendant l’absence de Germain, 1844
(ref.: rmn and museologique)
Rigolette Seeks to Distract Herself During the Absence of Germain, Joseph-Desire Court. French (1797-1865)
Du rouge au vert tout le jaune se meurt
Quand chantent les aras dans les forêts natales
Abatis de pihis
Il y a un poème à faire sur l’oiseau qui n’a qu’une aile
Nous l’enverrons en message téléphonique
Traumatisme géant
Il fait couler les yeux
Voilà une jolie jeune fille parmi les jeunes Turinaises
Le pauvre jeune homme se mouchait dans sa cravate blanche
Tu soulèveras le rideau
Et maintenant voilà que s’ouvre la fenêtre
Araignées quand les mains tissaient la lumière
Beauté pâleur insondables violets
Nous tenterons en vain de prendre du repos
On commencera à minuit
Quand on a le temps on a la liberté
Bigorneaux Lottes multiples Soleils et l’Oursin du couchant
Une vieille paire de chaussures jaunes devant la fenêtre
Tours
Les tours ce sont les rues
Puits
Puits ce sont les places
Puits
Arbres creux qui abritent les Câpresses vagabondes
Les Chabins chantent des airs à mourir
Aux Chabines marronnes
Et l’oie oua-oua trompette au nord
Où les chasseurs de ratons
Raclent les pelleteries
Étincelant diamant
Vancouver
Où le train blanc de neige et de feux nocturnes fuit l’hiver
O Paris
Du rouge au vert tout le jaune se meurt
Paris Vancouver Hyères Maintenon New-York et les Antilles
La fenêtre s’ouvre comme une orange
Le beau fruit de la lumière
— Guillaume Apollinaire, Calligrammes. Poèmes de la paix et de la guerre. (1913-1916)
Transl.: by Donald Revell (source: Electronic Poetry Review, N°1)
ref.: Guillaume Apollinaire, Donald Revell. The self-dismembered man: selected later poems of Guillaume Apollinaire (Wesleyan University Press, 2004)
The Windows
All the yellow dies from red to green
Where parakeets sing in the first woods
Pihi giblets
There is a poem to make about the bird with just one wing
We’ll phone it in
Gigantic trauma
Brings tears to my eyes
Behold a young pretty girl amidst the youth of Turin
The poor boy sneezed in his white cravat
I’ll raise the curtain
And voila the opening window
Spiders when my hands wove the light
Beauty pallor fathomless flowers
We’ll fail at shuteye
We’ll start over at midnight
If you’ve got the time you’ve got the freedom
Winkles codfish polysuns and sundown urchins
A yellow pair of old boots in front of the window
Towers
Towers are the streets
Wells
Wells are plazas
Wells
Hollow trees harbor vagabond half-breeds
Mulattoes sing mournfully
To noisy mulattoes
And the wa-wa goose trumpets northward
Where raccoon hunters
Scrape pelts
Vancouver
Glittery diamond
Where snow-white trains and nightlife fly from winter
O Paris
The yellow dies from red to green
Paris Vancouver Hyeres Maintenon New York and the Antilles
The window opens like an orange
Handsome sunshine food
Michael Wolf, TC #39 - from the serie “The Transparent City”, 2008
(source : Michael Wolf)
I looked out the window at dawn and saw a young apple tree
translucent in brightness.And when I looked out at dawn once again, an apple tree laden with
fruit stood there.Many years had probably gone by but I remember nothing of what
happened in my sleep— Czeslaw Milosz
(source: PoemHunter) via yama-bato
Caleb Cain Marcus, Window of Kumbhalgrah (Kumbhalgrah, India), 2005
(source : The Joseph M. Cohen Family Collection)
La fenêtre est ouverte et le jardin s’endort,
Longuement, avec des bruits d’eau et des murmures
D’invisibles oiseaux blottis dans les ramures
Que le soir a tiédies de sa caresse d’or.
La fenêtre est ouverte. Et monte le silence
Du coeur des fleurs, du coeur de l’ombre jusqu’à nous
Qui, pensifs, l’écoutons venir à pas très doux
Du fond de notre obscure et grave conscience.
La fenêtre est ouverte… et le jardin n’est plus
Qu’une chose confuse et doucement lointaine
Où l’on entend parfois, aux rumeurs des fontaines,
Bouger les ailes des oiseaux qui se sont tus.
— Francis Carco, La Bohème et mon coeur (1912)